hypnothérapeute

Lorsque la production ne dure qu'un temps. Clothilde Lalanne

Une quarantaine plus tôt, la pré-adolescente à l’annonce de ses règles entendait « ça y est ! tu es devenue une femme ! ». Presque « bravo ! », comme si elle réalisait une victoire.

Dans certaines familles, il se déroule même une fête. Dans d’autres, la pudeur impose le silence : c’est le secret des femmes. Mais alors, avant ? Non? Apparemment « femme » veut dire apte à la reproduction. Donc, peut créer une famille. Doit ? Le questionnement peut se poser, tant les premières règles sont importantes, en positif ou en négatif. Sinon ? Sinon la femme est soit « égoïste », regardée alors avec désapprobation, soit « handicapée », regardée alors avec pitié : « La pauvre ! » De ce fait, dès que l’homme entre dans le paysage de la dite femme, une liaison se crée, et la phrase surgit : « Alors, c’est pour quand ? Le petit », ou... le mariage pour « le petit... ».

Chez l’homme, quel est le passage, le mot qui dit : « Tu peux organiquement avoir un enfant », « tu peux être productif», « tes spermatozoïdes sont-ils suffisamment vigoureux ? ». Maintenant, imaginez comment certaines femmes – toujours femmes ? – peuvent vivre leur ménopause. Plus bonnes à rien. Plus utiles pour l’homme pour sa descendance. Plus productive !

L’homme, lui, peut aller vers une plus jeune et poursuivre sa reproduction, sa descendance pour continuer à exister après sa mort. La femme ? Terminé ! La limite est atteinte. C’est dans ces situations que nous rencontrons la différence entre se marier pour « construire une famille » ou « construire un couple ». Discours posé souvent dans les «thérapies de couple ». Mais si les deux antagonistes étaient passés devant le maire pour des raisons différentes !

« Bien sûr pour créer une famille, mais également un couple ! » Ou bien « pour créer un couple mais d’abord pour avoir des enfants ! ». Alors, maintenant ? Les enfants partent, peu à peu, alors le « nous » existe-t-il encore ? Bien des séparations se situent là, dans cette phase relationnelle. Autre discours également : « J’ai voulu me marier parce que je l’aimais. » Aimer quoi en lui ? Le bon géniteur ? Le futur père de vos enfants ? Comme compagnon de vie ? Sujets tant traités dans nos cabinets, entraînant de profondes réflexions.

De toutes manières dans le « désir d’enfant », nous retrouvons bien de « l’ego centré », sous diverses formes. Il peut être sécurisant de penser qu’après la mort quelque chose reste, se dit de nous. Nous ne sommes pas tous reconnus comme méritant une rue, une avenue, un boulevard, une tour. Nous ne sommes pas tous célébrés ! Nous pourrions narrer encore beaucoup d’autres exemples, croisés dans notre pratique.


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