L’Incestuel, comblement d'un abandon. Ou la logique mort d’un cheval et d’un chien. Par Clothilde LALANNE pour la Revue Sexualites Humaines 14 - Page 2

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Emmanuel
Emmanuel ne parlait toujours pas, ne s’exprimant qu’avec des grognements. Ses premiers mots furent pour son chien. Il allait avoir 15 ans. Et pour cet anniversaire-là, Marie lui offrit un cheval. « Emmanuel le montait à cru, faisant corps avec sa monture. L’été, il le chevauchait nu. »

Des pulsions sexuelles, des désirs impérieux commençaient à se manifester, tandis qu’il refusait toujours toute autre nourriture que le sein de sa mère.
« Ensemble, nous nous suffisons, et nous n’avons besoin de personne. »
« Ensemble et soudés, nous triompherons de tout. »
« Si tu me quittes, je me meure. »

C’est le credo narcissique dont parle Racamier : sur toute relation narcissique interminable existe la menace de mort et se profile la promesse de l’inceste.
Le sexe d’Emmanuel devenait dur pendant la tétée. Marie avait peur. Un jour, l’homme – Emmanuel se dressa face à la femme, Marie –, impérieux – lui, dans son besoin, elle dans son manque. Il lui renvoie sa propre souffrance, son vide narcissique. « Qu’allons-nous devenir ? » Eviter le drame : l’asile pour lui, la prison pour elle.

Essayer la maison close de Madame Rosa ? Oui – Marie connaît la jalousie pour la première fois. Il revient de cette expérience avec de nouveaux jeux érotiques. « Maintenant mon fils mangeait de tout, et buvait même un peu de vin. » « Bientôt, je me rendis compte que j’étais enceinte. »
 
La mort
« C’est décidé, ce sera pour aujourd’hui. »
Woody Allen disait que « la différence entre le sexe et la mort, c’est que mourir vous pouvez le faire seul ». Même faire mourir.
Aucune autre solution possible. L’incestuel se transformait en inceste. Leur sexualité était liée à l’abandon et à la mort. La rage incestuelle avait agi. Le pouvoir narcissisant était en marche, créant une relation anormale.

Avec son âge mental, que l’on disait de 4 ans, Emmanuel avait senti ce qui allait se passer. Il est allé lui-même tuer le cheval et le chien avec l’arme de son père. Tout était logique. Le poison fit le reste.
 

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