DU SYMPTÔME AU SOUVENIR. Ou quand Monsieur Victor perd son désir sexuel… Revue Sexualités Humaines 13. Steven REICHENBACH

Voici un extrait de la prise en charge par EMDR d’un patient présentant une baisse du désir sexuel associée à une baisse de la rigidité lors de l’érection.
 
 
1- Déroulement des séances suivant le modèle en 8 phases de la thérapie EMDR
 
Première séance
 
Motif de la consultation et anamnèse (Phase 1 de la thérapie EMDR)
Je suivais ce patient, que nous allons appeler Monsieur Victor, de façon occasionnelle pour une symptomatologie anxieuse depuis trois ans. Il était alors dans un travail de séparation d’avec sa femme. Il vivait de façon culpabilisante ce divorce qu’il réclamait d’autant plus qu’il avait un enfant en bas âge. Il présente un style d’attachement anxieux-résistant avec une tendance à chercher une relation très proche. C’est ainsi qu’il me propose, lors d’un de mes voyages, de contacter le copain d’un copain qui pourra m’aider si je devais rencontrer des difficultés dans le pays lointain en question. Il a pu retrouver une femme aimante quelques mois après.
Lorsqu’il revient me voir deux ans après, il me dit présenter une baisse du désir sexuel et une érection moins rigide depuis un an. Sa femme accepte difficilement ces difficultés qui représentent pour elle la preuve d’un manque d’amour envers elle.
Dans ses antécédents, on note une ectopie testiculaire opérée plusieurs fois dans son enfance.
 
Conceptualisation de cas :
 
On peut poser comme hypothèse chez ce patient que son trouble du désir et sa baisse de rigidité à l’érection est multifactorielle :
- psychogène : en raison de son anxiété permanente et qui est centrée sur son sexe et sur ses capacités érectiles ;
- relationnelle : le manque de compréhension et donc de soutien de sa femme rend la résolution des difficultés plus difficile 
- organique : la cryptorchidie pour laquelle le patient a été opéré dans son enfance demande à être contrôlée au niveau urologique et endocrinien à la recherche d’une hypotestostéronémie.