puissance masculine

SYMPTÔMES VOISINS, SYMPTÔMES COUSINS…Dyspareunie et vaginisme. Esther Hirch pour Sexualité Humaine 13

Par son regard croisé, l’auteur revient sur des fondamentaux qui seront utiles aux sexologues débutants, mettant ainsi dans une perpective très pédagogique la question délicate du « voisinage » des symptômes dans la sexualité féminine.
 
Très voisins, deux troubles seront traités ensemble à partir de l’idée du réflexe conditionné :
- de contraction involontaire des muscles péri-vaginaux lors de toute tentative de pénétration quelle qu’elle soit (le doigt, le spéculum, le pénis) dans le vaginisme ;
- de douleur pendant les rapports sexuels dans la dyspareunie, douleur tantôt superficielle, tantôt profonde, et ce même si la femme est désirante, réceptive et orgasmique…
 
L’examen gynécologique est bien accepté en général par la femme dyspareunique, avec l’espoir de découvrir la cause organique responsable de la douleur.
Par contre, cet examen est pratiquement toujours impossible chez la vaginique. En effet, dès l’approche du toucher vaginal, la femme vaginique resserre les cuisses en contractant ses adducteurs, se rejette en arrière en poussant sur les étriers de la tableau d’examen voire saute de celle-ci, réactions parfois théâtrales témoignant de sa phobie.
Lorsqu’elle parvient, malgré tout, à se dominer, l’examen permet de discerner un vaginisme superficiel d’un vaginisme profond.
Dans le vaginisme superficiel, il y a contraction des muscles bulbo-caverneux, du muscle constricteur du vagin et des muscles péri-vaginaux, empêchant tout accès au vagin.
Dans le vaginisme profond, il y a contraction du muscle releveur de l’anus, si bien que l’entrée dans le vagin est possible sur 1 centimètre.
 



1. Quelles sont les causes du vaginisme et de la dyspareunie ?
 
La plupart du temps, on retrouve plusieurs causes physiques et/ou psychiques qui se surdéterminent en rentrant dans un cercle vicieux qui enferme la femme dans son trouble.

Classiquement, le vaginisme trouve son origine dans des problèmes psychiques. La dyspareunie serait initiée par une lésion génitale, puis réactivée secondairement par des problèmes conjugaux et/ou personnels. Dans un certain nombre de cas, la dyspareunie existe sans qu’il y ait eu une lésion initiale (Tableau 1).

Dans la réalité, douleur et contraction musculaire se mêlent souvent. Par ailleurs, une cause physique n’exclut pas une mésentente conjugale ou une problématique personnelle. La douleur étant quelque chose de subjectif, il est difficile d’apprécier sa réalité organique.

On pourra dire sans se tromper que le symptôme (dyspareunie ou vaginisme) est psychique s’il n’apparaît qu’avec un seul partenaire, ou si la douleur varie ou si elle n’existe que par le pénis et non par le spéculum (attention cependant aux facteurs organiques cachés).

La douleur est physique si elle est provoquée toujours par la même palpation ou les mêmes manœuvres. Le thème de la douleur occupe donc une place importante dans le discours des femmes vaginiques ou dyspareuniques : « J’ai peur d’avoir mal… » ; « Le pénis est trop grand pour mon vagin, il va me blesser… » ; « J’ai déjà eu de la douleur lors d’une tentative de pénétration. »
 

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Les jeunes et la prise de Viagra. Puissance et compétence sexuelle masculine. Sexualité aujourd'hui, par Veronique LOVENS Sexologue à Paris et à Liège

viagra«Assumer ce qui est communément appelé une relation sexuelle»
 
L’une, la compétence va souvent demander l’autre, la puissance sexuelle pour être réalisée.
Avoir une érection, pouvoir assurer une pénétration et vivre une éjaculation est ce qui est requis chez le garçon pour assumer ce qui est communément appelé une relation sexuelle. C’est ce que l’on nomme la puissance sexuelle masculine.
Dans la découverte de son organe sexuel le jeune garçon expérimente tout d’abord la présence de cette érection, puis la découverte de l’éjaculation, tout ceci se réalisant dans l’intimité de l’aventure de son corps sexué.
Lorsqu’il va être amené à une rencontre sexuelle, un élément va alors devoir être « assumé » qui est dans le chef de l’homme : la pénétration. Cette dimension requière la présence d’une érection suffisante pour assurer celle-ci.
Nous sommes devant une « expérience », expérience tant physique, que narcissique, qu’émotionnelle. Dès lors il n’est pas rare de voir poindre des craintes. Crainte de ne pas se voir à la hauteur de ce qui est attendu, crainte de sa propre image d’homme,…
 
 
« 1ères relations sexuelles, un rite de passage... »
 
 
Souvent chez les ados, le premier acte sexuel est vécu comme un « rite de passage ». Passage vers le monde des adultes. Cela aura donc des conséquences sur l’individu lorsque cette relation sexuelle ne sait pas se réaliser comme attendu.
Ce qui va amener certains à demander ou à rechercher à se procurer ces petites pilules bleues qui vont agir comme une « assurance » à cette performance.
 
Une fois les premiers ébats passés, la pression sur sa capacité à être puissant sexuellement est moins forte car expérimentée. Ce paramètre va donner plus d’espace à notre jeune premier pour trouver spontanément la confiance dans ses propres moyens. Cependant alors que la prescription de ce style de médicament peut parfois aider à dépasser l’angoisse de 1ère fois il ne faudrait pas que s’installe une dépendance par rapport à cette molécule. Dans ce scénario cela demandera alors à être accompagné.
 
 
«Une fois le stress des 1ères fois passé, la voie vers le développement des compétences sexuelles est ouverte»
 
 
Souvent passé le stress des 1 ères fois, si une relation émotionnelle et de tendresse s’est installée entre le jeune homme et sa ou son partenaire, la crainte par rapport aux performances diminue et ouvre la voie vers le développement de compétences sexuelles. Celles-ci sous entendent les qualités érotiques du jeune homme envers sa/son partenaire. Sa capacité à s’harmoniser avec l’autre, à aller à la découverte tant de ses propres sensations ressenties que données, de s’y laisser aller, de s’y abandonner. On retrouvera également cette capacité à donner sa confiance à l’autre qui permettra d’être mené, d’être emmené.
 
Nous passons d’un doute sur ses propres capacités physiques dans un premier temps à un doute de confiance. Confiance à se laisser aller, à lâcher prise, à suivre ses propres sensations, confiance encore accordée à l’autre. Dans ce cas-ci le viagra n’aura aucune action.
 
Le viagra aidera l’individu à obtenir une qualité érectile qui va le conforter dans la confiance de ses capacités physiques et par voie de conséquence dans son estime de soi. Ceci permettant à sa puissance masculine de s’exprimer et de se vivre. Ceci étant la voie de la compétence sexuelle est alors accessible à l’exploration.
A priori le recours à cette prescription ne doit pas être systématiquement refusée mais demande à être évaluée au cas par cas et peut aider certains jeunes à dédramatiser voire dépasser les pressions et ses conséquences néfastes sur les premières fois.
 
 
Véronique LOVENS, Maître-Assistant, Sexologue Clinicienne à Parisveronique lovens sexologue paris

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