Psychologue

Les traditions de comportements sexuels violents habituels sur les femmes

Par Noëlle Navarro, Psychologue, diplômée de sexologie

Dans un livre intitulé « Histoire du viol, XVIe-XXe siècle », Georges Vigarello se propose de voir comment la violence sexuelle en France et les jugements portés sur elle se sont modifiés au fil du temps. Il montre que l’on est passé dans la société occidentale d’une relative tolérance à une intolérance qui ne se discute plus, le viol n’ayant plus seulement le caractère d’une agression physique mais pouvant être à l’origine d’un véritable « meurtre psychique ».

Il a fallu pratiquement attendre la Révolution française (1789) pour que la société qui s’organise alors sur la reconnaissance de l’individu considère le
dommage personnel et spécifie la violence corporelle, sexuelle. Les victimes qui jusque-là ne se plaignaient pas,pourront maintenant le faire. Mais encore fréquente au XIXe siècle, la violence sexuelle va de pair avec un corps qui n’est qu’un objet manipulé et manipulable, et surtout socialement différemment représenté : il y a un total irrespect vis-à-vis des humbles, et l’idée qu’il puisse y avoir souffrance chez eux aussi à être forcé, ou désir d’un libre choix pour vivre sa sexualité, n’est pas de mise. On a affaire à des propriétaires qui disposent à leur gré du corps des enfants du voisinage, de celui de la servante, soulevant les draps ou les jupes, sans se soucier d’un quelconque respect des individualités (Jean-Clément Martin, Violences sexuelles, étude des archives, pratiques de l'histoire). De nos jours, dans la société occidentale, subir des violences sexuelles est reconnucomme un traumatisme, mais ce n’est pas le cas partout sur la Terre.

Sur l’échelle des traumatismes dont on a connaissance par Liliane Daligand, médecin lyonnaise spécialiste de la question de la violence, il y a des niveaux de gravité du traumatisme selon le type de violence subie et l’on constate que le viol figure en la position la plus grave, après les catastrophes naturelles, après les blessures de guerre, au même titre qu’une prise d’otage. Car comme dans une prise d’otage, l’agresseur est présent, est proche. Il y a intention délibérée de faire violence à l’autre. Le lien direct, la proximité avec l’agresseur majore la gravité du traumatisme.

Les alertes d’Amnesty International :
les violences sexuelles faites aux femmes (agressions, violences, viols, viols collectifs, inceste) courent dans tous les pays du monde malheureusement sans exception. Sur le site d’Amnesty International, on trouve pêle-mêle de multiples propositions d’actions à mener en faveur des femmes sexuellement maltraitées :
Haïti : viols de mineures couramment pratiqués ;
Bosnie : violences sexuelles massives lors de la dernière guerre et viols impunis ;
Ouganda : la violence sexuelle reste impunie ;
Algérie : de nombreuses femmes violées ou réduites à l’esclavage sexuel pendant les années 1990 attendent justice ;Honduras : violences sexuelles contre des femmes qui auraient été commises par des membres des forces de sécurité depuis le coup d’Etat de juin 2009 ;
Tchad : on attend un plan précis et global qui établisse clairement que le viol et les violences sexuelles sont des crimes inacceptables ;
Sierra Leone : les victimes de violences sexuelles n’ont toujours pas obtenu justice et réparation (la guerre civile de la Sierra Leone se déroula du 23 mars 1991 au 18 janvier 2002) ;
Mexique : une femme sur quatre au Mexique subit des violences physiques, notamment des violences sexuelles, imputables à son compagnon ;
Guinée : plaintes de violences sexuelles commises durant le massacre de septembre 2009. Savez-vous que de nombreuses prostituées en France viennent de Guinée équatoriale et sont le continuum de ces violences-là ?
Turquie : il faut mettre un terme aux violences sexuelles contre les femmes en détention. Halte aux violences sexuelles contre les femmes en détention !
Zimbabwe : des milices se rendent coupables d’agressions et de violences sexuelles ;
République démocratique du Congo : violences sexuelles, un urgent besoin de réponses adéquates, un grand nombre d’hommes ont également subi des violences sexuelles;
Alaska : une femme amérindienne ou autochtone de l’Alaska sur trois sera victime d’un viol au cours de sa vie. Etc., etc.De la chambre à coucher au champ de bataille, de la cour de récréation à l’atelier ou au bureau, les femmes et les fillettes courent le risque de subir des violences sexuelles.

Pour Amnesty International, il n’y a pas de violence sexuelle sans violence tout court. Claude Balier, dans Psychanalyse des comportements sexuels violents, l’avait déjà enseigné en remarquant que la violence sexuelle n’avait à peu près rien de sexuel mais qu’elle était l’expression d’une pulsion destructrice se servant du sexuel comme outil. Il rappelle aussi que la dépression, voire la mélancolie, sont souvent la toile de fond des actes sexuels violents. Dépression ou mélancolie qui ne sont pas toujours liées aux circonstances mais qui peuvent être structurelles. Nous allons voir comment elles peuvent s’installer par un climat de violences familiales délétère, extrême, ne permettant pas à l’enfant de se construire en dehors d’une détresse majeure contre laquelle il lutte.

Les violences sexuelles et l’adolescence : les « tournantes » (viols collectifs d’ados par des ados) étudiées par Laurent Mucchielli ont toujours existé, et n’ont, loin de là, pas toujours été considérées comme des délits. Cet auteur met en évidence le profil de la jeune fille qui serait une victime potentielle : à la recherche d’un groupe d’appartenance, voulant faire l’affranchie alors qu’elle est naïve, mal assurée d’un vrai soutien dans sa famille. On sait que les garçons agresseurs y voient un rite d’entréedans la vie sexuelle et ne se sentent la plupart du temps pas du tout coupable, ce qu’illustre un ado de 17 ans reçu en obligation de soins au Centre médico-psychologique pour ce cas de figure : lorsque je lui demande comment il voit les choses après coup sur ce qu’il a fait : « Ce que je vois c’est que les femmes il faut s’en méfier » (sous-entendu, c’est à cause d’elles que je suis là).

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Cancer et sexualité au féminin: de l'utilité de la sexothérapie

Revue Sexualités Humaines 21


Par Marjorie Cambier - psychologue clinicienne-sexothérapeute. Paris.

INTRODUCTION

Selon l’Inserm, le cancer du sein est le plus fréquent des cancers de la femme (52 500 nouveaux cas en 2010), et les cancers gynécologiques représentent 17 % des cancers féminins (3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus en 2010, 4 700 nouveaux cas de cancer des ovaires en 2005). De nombreuses études montrent que les traitements oncologiques (chimiothérapie, radiothérapie pelvienne, hormonothérapie, chirurgie, mastectomie), outre des effets secondaires généraux (fatigue, alopécie, nausées, amaigrissement, ménopause induite…), ont une incidence majeure sur la qualité de vie des patientes, et notamment sur leur sexualité, pendant et après le protocole de soins. Par ailleurs, ces traitements, de par les modifications corporelles qu’ils induisent, ont également des conséquences extrêmement délétères
sur l’image du corps, l’estime de soi et le sentiment de féminité de ces femmes. Or, la sexualité est encore trop peu évoquée en oncologie par les équipes médicales, et les effets des traitements du cancer sur cette dernière sont bien trop importants pour ne pas être évoqués clairement lors de consultations spécifiques, et pour ne pas faire l’objet d’une véritable prise en charge durant et après le protocole de soins oncologiques. Cetarticle a donc pour objectif d’analyser l’utilité et la pertinence d’une prise en charge sexologique, dans le cadre des cancers spécifiquement féminins,
depuis l’annonce du diagnostic, et jusqu’à la guérison de la maladie.

DURANT LES TRAITEMENTS : INTÉRÊTS DE LA SEXOTHÉRAPIE

Certaines idées reçues selon lesquelles les personnes atteintes de cancer ne peuvent avoir de besoins ou de désirs sexuels sont assez répandues, dans la population générale comme dans le
milieu médical. Les questionnements relatifs à la sexualité ainsi que les séquelles et dysfonctions sexuelles sont alors considérés par de nombreux médecins comme secondaires. Or, pour la plupart des patientes, la perte d’intérêt quant à la sexualité n’est en réalité que temporaire, et majoritairement liée à l’inquiétude face à la maladie, ainsi qu’aux effets secondaires des différents traitements. La patiente reste en effet une femme désirée et désirante (même si elle ne se considère plus comme telle), et à ce titre peut tout à fait, si elle le souhaite, bénéficier d’une vie sexuelle adaptée aux différentes phases de traitements qu’elle traverse.

Lors de l’annonce du diagnostic
L’annonce d’un cancer peut être particulièrement traumatique, et ce diagnostic constitue souvent un bouleversement total pour la femme, son couple et sa famille (déni, sidération, colère, peur…), la mise en place rapide d’un protocole de soins transformant profondément leur vie quotidienne.
Par ailleurs, un cancer du sein comme un cancer gynécologique, touche profondément la femme dans sa féminité, ses qualités maternelles, ses capacitésde reproduction, et a des conséquences
non négligeables sur son image du corps et son estime de soi. Des questionnements sur la féminité de manière générale, mais également sur la manière dont sa sexualité pourrait être affectée par la pathologie et ses traitements, peuvent alors survenir. Une consultation d’information avec un sexothérapeute spécialisé en oncologie pourrait alors être proposée de manière systématique, afin de permettre à la femme d’évoquer ses inquiétudes quant aux modifications
corporelles qui l’attendent, ou aux effets des différents traitements sur son intimité, et d’anticiper les nombreux changements psychologiques, affectifs, corporels et sexuels à venir. Un travail autour de la féminité pourrait également être amorcé à ce moment-là.

Durant les phases de traitements
Fonction sexuelle et féminité
D’une part, durant cette période rythmée par les traitements, peu de place est laissée à l’intime. Or, tout au long de la prise en charge, le corps change, et la réponse sexuelle se modifie. Les traitements et leurs effets secondaires fatiguent grandement la patiente, et inhibent de manière temporaire le désir et le plaisir. L’excitation sexuelle peut être plus difficile à obtenir. Des douleurs lors des rapports sexuels peuvent survenir, et l’accès à l’orgasme s’avère plus compliqué et plus aléatoire. Le sexothérapeute tient ici un rôle pédagogique et éducatif important : il donne des informations préci ses et simplifiées à la patiente sur son anatomie et le fonctionnement de son corps, et lui permet par ses conseils avisés, d’adapter un maximum sa sexualité à ses capacités physiques et psychiques du moment. Une meilleure compréhension de la réponse sexuelle, ainsi que des moyens concrets pour pallier les différents changements imposés par les traitements constituent donc une aide précieuse pour elle.

D’autre part, les modifications corporelles dues aux traitements ont une incidence majeure sur la féminité, l’estime de soi et l’image du corps de la femme. En effet, le sein est l’emblème érotique par excellence et le signe le plus puissant de lamaternité. Il constitue donc le symbole de la double identité de femme et de mère. Le vagin et la vulve symbolisent quant à eux le plaisir, les ovaires la fécondité, et l’utérus la maternité. Une atteinte de ces zones hautement symboliques met donc gravement en danger l’identité personnelle et féminine de la patiente. De même, une aménorrhée ou une ménopause induite symbolisent la perte de la fécondité et de ce qui signe l’entrée de la jeune fille dans le monde des femmes. Ces atteintes mettant en péril son identité, la patiente peut alors éprouver un véritable sentiment d’étrangetéface à ce corps qui se modifie, qu’elle ne maîtrise plus, et qu’elle ne reconnaît plus.

Le sexothérapeute pourra donc accompagner la patiente dans ces différents changements corporels concrets, mais également au travers des questionnements symboliques qu’ils amènent : en effet, comment la femme définit-elle sa propre féminité? Ce sentiment de féminité est-il internalisé, ou se limite-t-il à son aspect extérieur ? Comment s’articule-t-il avec son estime de soi et son image du corps ? Comment investit-elle son corps ? L’habite-t-elle comme un corps sexualisé, féminin, ou comme une simple enveloppe ?

Le couple à l’épreuve de la maladie
Outre une réorganisation totale de la vie quotidienne, la maladie impacte l’intimité du couple. Bien souvent, la sexualité est reléguée au second plan, et la relation n’est plus érotisée au profit d’une relation presque soignant-soignée, voire de dépendance. Or, même si la patiente est fatiguée, angoissée, et qu’elle a besoin d’aide dans la gestion de son quotidien et de sa maladie, il est impératif de restaurer le plus possible l’intime, et de (ré)érotiser la relation, pour son bien-être et celui de soncouple. En effet, encourager le maintien ou la reprise de la sexualité durant les phases de traitement (si l’état de santé de la femme le permet) est important, une vie sexuelle active permettant de sortir de cette relation de soin et de maintenir un lien de complicité entre les conjoints. De plus, se consacrer à son intimité constitue une fenêtre positive sur l’extérieur et sur la vie, et contribue à diminuer le stress lié à la maladie. Or il est souvent indispensable de modifier certains éléments de l’intime. La fatigue, les douleurs, les effets secondaires, et les modifications corporelles impliquent que la sexualité du couple doit être adaptée. Des consultations individuelles ou conjugales avec le sexothérapeute peuvent permettre de modifier certains éléments de la sexualité, en fonction de ce qui est possible physiquement et moralement pour la patiente. Il peut s’agir par exemple de discuter autour de l’aménagement de l’espace afin qu’elle se
sente plus à l’aise (éclairage, couvertures…), de favoriser les caresses et la tendresse plutôt que la pénétration, d’éviter certaines zones ou positions sexuelles douloureuses, d’utiliser du gel lubrifiant…

A l’aube d’une opération chirurgicale
Le sexothérapeute peut également aider la patiente à se préparer à une éventuelle opération (mastectomie…), ainsi qu’aux conséquences que celle-ci va avoir sur son apparence, sa féminité, et sa sexualité.L’ablation d’une partie du corps est souvent traumatique : elle est considérée comme une mutilation, une effraction corporelle, et peut réactiver au niveau psychologique, de véritables angoisses de castration et de morcellement. On se situe en effet ici dans le registre de la perte de ce qui constitue les fondements de l’identité féminine. Par exemple, une hystérectomie peut donc induire, en plus des évidentes séquelles physiques, un sentiment d’incomplétude, de manque, de vide, et de perte de ses qualités maternelles.
La mastectomie peut également être à l’origine d’un sentiment de manque, le sein étant intrinsèquement lié à l’identité féminine et tenant une place essentielle dans son image du corps. Perdre son sein pour une femme équivaut donc à une perte de repères (par rapport à son identité sexuelle), mais également du sentiment d’être encore une femme désirée et désirante. Le sexothérapeute accompagnera donc la patiente durant cette épreuve, accueillera ses angoisses et questionnements, l’aidera à restaurer son image du corps, et informera également le couple des conséquences directes et indirectes de la chirurgie sur les plans physiques, affectifs et sexuels.

Autres prises en charge sexologiques
Le sexothérapeute peut également proposer des groupes psycho-éducationnels centrés sur la sexualité, l’intimité et la vie de couple, ainsi que des groupes de soutien et d’informationsur ces mêmes thèmes. Ces différentes configurations permettent de discuter en groupe autour de problématiques communes, de se comprendre, de se soutenir mutuellement dans cette
épreuve, mais également de rompre l’isolement que la maladie occasionne. La patiente peut assister à ces différents groupes durant ses phases de traitements, mais également en phase de rémission, car nous allons voir qu’il s’agit d’une période assez délicate.

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La sexothérapie: une prise en charge indispensable des auteurs de violences sexuelles

Revue Sexualités Humaines n°21


Par Isis Hanafy - Psychologue, criminologue, sexologue. Meaux.

EVOLUTION HISTORIQUE DES POLITIQUES EN MATIÈRE CRIMINELLE


Depuis 1885, de nombreuses politiques criminelles se sont succédé prônant tantôt davantage la répression, tantôt davantage la prévention, pour essayer de répondre, et donc circonscrire au mieux les violences exercées par les hommes sur les hommes (la violence humaine a ceci de particulier d’être intra-spécifique, contrairement aux autres êtres vivants qui agressent généralement les espèces autres que la leur).

Avant cette date, les auteurs de violences recevaient des châtiments corporels allant jusqu’à la peine capitale, exécutaient des peines d’emprisonnement ou s’affranchissaient de sanctions
pécuniaires, sans qu’aucune aide à la réinsertion sociétale, voire à l’insertion dans la société, ne leur soit apportée, ni qu’aucun soin pour éviter,limiter, prévenir la récidive, ne leur soit proposé. Aussi, passant de « l’Etatgendarme» (suivant les principes régaliens) à « l’Etat-providence » (complété par la prise en compte des dimensions économiques et sociales), avons-nous affaire aux premières mesures salubres, tant socialement que médico-psychologiquement, avec la promulgation de la loi sur la liberté conditionnelle à la fin du XIXe siècle.

Le XXe siècle verra se succéder toutes sortes d’abrogations, de prorogations ou de nouvelles législations (telles que l’institution du sursis avec mise à l’épreuve, du juge d’application des peines et divers aménagements de peine). C’est à la fin de ce siècle que naquit un intérêt grandissant pour les violences sexuelles, soldé par la loi Guigou relative à la prévention et la répression des infractions sexuelles et à la protection des mineurs, qui établira les suivis socio-judiciaires (SSJ – qui sont des peines à part entière), participera à la création des Services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP), et sera contemporaine au concept de « présomption d’innocence ».

Au début du XXIe siècle, la loi Perben II, relative à « l’adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité », définit de nouvelles notions (« plaider coupable ») et infractions (zoophilie), de nouveaux dispositifs tels que le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS) ou la mesure de sûreté nommée « surveillance judiciaire » (SJ), rapidement complétée par « la surveillance de sûreté » et « la rétention de sûreté », où après avoir été détenu, un infracteur sexuel peut être « retenu » (tant qu’il est estimé dangereux).

Cette année 2014 est celle d’un projet de réforme pénale du gouvernement Ayrault, qui souhaite, entre autres, instaurer « la contrainte pénale » (alternative à l’incarcération pour les délits passibles de cinq années d’emprisonnement maximum), supprimer « les peines planchers », renommer « la liberté conditionnelle » en « libération sous contrainte » et étoffer les SPIP.

DERNIÈRES STATISTIQUES DE LA JUSTICE FRANÇAISE

En 2012, sur 617 221 condamnations, 16,5 % concernaient « une atteinte à la personne » (avec 400 « homicides volontaires », et 3,5 % de récidive légale, 1 300 « viols », et 9,3 % de
récidive légale, environ 10 % de coups et blessures volontaires », et 11 % de récidive légale, ainsi que 1,5 %d’« homicides » ou « blessures involontaires », dont la grande majorité est réalisée par des conducteurs), 90,1 % étaient des hommes, 9,9 % des femmes, 8,3 % étaient mineurs, 91,7 % majeurs (dont environ 3 % âgés de 60 ans et plus), et 84,5 % des auteurs d’infractions étaient de nationalité française. Au 1er janvier 2013, 144 934 personnes étaient suivies par le SPIP et donc soumises à une obligation de soins ou à une injonction de soins (dans le cadre d’un SSJ).

La France a ainsi suivi un schéma classique de l’histoire judiciaire, passant de « la loi du Talion » à une législation – répressive par essence, mais – toujours plus préventive, à l’aune des évolutions sociétales (politiques et économiques) et sociales (culturelles et psychologiques).

LA POLITIQUE CRIMINELLE EN MATIÈRE SEXUELLE DE NOS JOURS EN FRANCE


Aujourd’hui, la répression des violences sexuelles trouve toute légitimité dans la légalité. Ainsi, dans le nouveau code pénal, entré en vigueur le 1er mars 1994, à la section III du chapitre II (« des atteintes à l’intégrité physique ou psychique de la personne ») du livre II (« des crimes et délits contre les personnes »), intitulé « des agressions sexuelles », sont clairement définies cinq infractions à caractère sexuel :

• Harcèlement sexuel : (Art. 222-33) est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuellequi soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

• Exhibition sexuelle : (Art. 222-32) est imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible au regard du public.

• Images à caractère pédopornographique : (Art. 227-23) le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d’enregistrer ou de transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsqu’elle présente un
caractère pornographique.

• Agression sexuelle (autre que le viol) : (Art. 222-22) est commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.

• Viol : (Art. 222-23) tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la
personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. La loi votée en 2011 sur l’inceste « commis contre un mineur par une personne titulaire sur celui-ci de l’autorité parentale – dont on pourra prononcer le retrait total ou partiel », a été abrogée par le Conseil constitutionnel
l’année suivante. L’inceste retrouvant sa place de circonstance aggravante à un délit ou crime sexuel. La prévention quant à elle trouve sa raison d’être à travers la protection de la société, des individus qui la composent, notamment ceux qui sont victimes(directes et collatérales), mais également à travers la thérapeutique de leurs auteurs pour casser le cercle vicieux de la violence. Deux regards s’imposent alors, celui de la macroanalyse où l’infracteur est au coeur d’une société d’individus dont fera partie sa victime, et celui de la microanalyse où l’infracteur est l’individu d’une société dans laquelle il choisira sa victime. Société et individus (auteurs/victimes compris) auxquels nous devons nécessairement corréler le type d’infraction, l’acte commis. Nous sommes au coeur d’un triptyque autour duquel la prévention (primaire et secondaire) doit jouer un rôle différent selon l’axe qu’elle entreprend.

LES AUTEURS DE VIOLENCES SEXUELLES (AVS)

Ici, nous dirigerons notre regard sur les AVS pour lesquels le côté préventif de la Justice prévoit des obligations (dans le cadre d’un sursis avec mise à l’épreuve ou dans celui d’un aménagement de peine tel que le placement sous surveillance électronique, le placement extérieur ou la semiliberté), voire des injonctions de soins (dans le cadre d’un SSJ ou d’une mesure de sûreté).

SUSCITER L’ALLIANCE THÉRAPEUTIQUE CHEZ LES AVS

Se pointe alors la première difficulté que rencontrent les professionnels de la prise en charge thérapeutique de ces infracteurs qui deviendront pour l’heure, des patients. En effet, ces derniers sont pénalement ordonnés de venir se faire soigner. Quelques rareshommes viennent après avoir vu une émission de télévision sur la pédophilie, par exemple, confondant souvent fantasmes et réalité, d’autres viennent parce qu’ils sont effectivement passés à l’acte, leur affaire n’étant pas judiciarisée, voyant certainement dans cette démarche une pré-protection quant à la possible judiciarisation future (si un enfant est en danger, nous inciterons les autorités compétentes
à engager cette procédure) ; mais la plupart arrivent sans la moindre volonté, aussi alambiquée fut-elle, de se faire soigner.

De nombreux psychologues y voient souvent une problématique de taille : comment soigner
une personne qui ne le demande pas, n’en a pas la volonté s’interrogent les psychanalystes freudiens, par exemple ? Est-ce à dire que nous allons volontairement chez le dentiste sans être dans l’obligation de se soigner ? Alors qu’une « bonne éducation » nous permet d’être vigilant, autrement dit de prendre rendez-vous chez ledit dentiste de façon régulière afin de prévenir plutôt que de guérir, ou d’entreprendre une psychothérapie quand on sent son psychisme vacillant avant qu’il ne défaille réellement, une éducation carencée telle que celle que l’on retrouve chez la plupart des AVSgénère des comportements inappropriés fussent-ils actifs (comme leur passage à l’acte) ou passifs (nonvolonté de prendre les devants pour se faire soigner).

L’obligation de soins paraît de facto parfaitement cohérente dans cet état d’esprit carencé (de la même manière qu’elle pourrait l’être auprès de victimes, in fine carencées après coup). L’alliance thérapeutique qui se fait naturellement avec les patients à la structure névrotique « classique », devra simplement ici être enclenchée – ce qui paraît relever des compétences du psychologue (pour lequel il est moins laborieux de penser qu’un tel procédé a généralement cours dans la prise en charge nécessairement pointilleuse de bien des adolescents); il conviendra en effet d’inciter ces patients sans demande à devenir actifs dans la psychothérapie.

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Les attentes différentes dans le couple.Joëlle Mignot Psychologue Sexologue clinicienne. Revue Sexualités Humaines

L’impact sur la rencontre
« Le plus grand obstacle à la vie est l’attente, qui espère demain et néglige aujourd’hui. »


Arrêtons-nous quelques secondes sur cette pensée de Sénèque. Ne s’adapte-t-elle pas parfaitement à la vie de couple ?
Si l’attente a cela de particulier d’être tournée vers l’autre, elle s’enracine dans le vécu de chacun des membres du couple et elle colore, parfois sans nuances, à la fois la rencontre dans son immédiateté, dans un espace-temps fondateur, mais aussi dans ce qu’elle a de plus profond, la rencontre constructive entre deux êtres.

Ce travail propose trois voies de réflexion :

Tout d’abord une phénoménologie de l’attente qui va s’appuyer sur la question des orientations de l’attente : attendre quoi, pourquoi attendre, quels sont les différents types d’attentes et quelle en est la nature pour l’individu ?

Nous aborderons ensuite la mécanique des attentes dans le couple en distinguant les attentes conscientes dans le rapport à l’attention à l’autre et les attentes inconscientes à partir de la question des alliances. Nous nous interrogerons sur la question de la différence.

Enfin, nous verrons comment ces attentes ont à la fois un impact sur le moment particulier de la rencontre, mais aussi sur la vie du couple dans une construction pérenne et les matériaux issus des attentes qui permettent cette construction.

Il sera mis en évidence la nécessité pour le thérapeute d’évaluer ces attentes.

1 - Phénoménologie de l’attente

Sens

Dans son sens premier, l’attente est une action où l’accent est mis sur l’écart temporel qui sépare le moment où un sujet est dans un lieu et l’arrivée de quelqu’un ou quelque chose.
Le facteur temps est donc essentiel en particulier en tant que suspension.

Dans un sens second, c’est l’action de compter sur quelque chose ou quelqu’un qui se dégage, mettant en valeur la relation.

Plusieurs corollaires de l’attente se dégagent ainsi et interagissent : l’espoir qui la nourrit, la déception, l’incertitude, le doute, l’impatience, et sous-jacente et plus ou moins consciente, la poussée du désir. Elle peut être passive voire vaine, contraire à la raison, mais aussi active si on considère comme Mounier , qu’elle est un « arrêt de la conscience » où la pensée reste en rapport avec l’action en tant qu’intermédiaire actif.

L’attente peut aussi avoir plusieurs tonalités émotionelles : anxieuse, désespérée, dévorante, exaspérante, fébrile, résignée, mais aussi merveilleuse, nostalgique, passionnée… On peut aussi la tromper…

Sous toutes ses formes, elle appelle une réponse, elle demande à être comblée. Elle se décline en file mais aussi en phase et en délai, et enfin, celle que vous connaissez bien, en salle. Les chirurgiens reconnaîtront la ligature d’attente et les architectes la pierre d’attente. Ces deux-là sont particulièrement intéressantes pour nous en ce qu’elles évoquent et appellent le complément qui permettra d’achever le travail, par exemple pour la pierre d’attente, appui du mur à construire ultérieurement.

Pour ce qui est du couple, les attentes ont différents visages et elles forment le maillage sous-jacent à la rencontre :
- Nous nommerons les attentes dites évidentes : physique, âge, traits de caractères, niveau intellectuel, goûts, passions… en un mot tout ce qu’on peut trouver sur le listing de n’importe quel site de rencontre.
- Viennent ensuite les attentes concernant les conduites : elles conditionnent souvent les rôles dans le couple en s’appuyant sur des modèles, par exemple sur le modèle (ou le contre-modèle) parental.
- Les attentes au niveau des valeurs.
- Celles qui ont à voir avec le modèle et l’avenir du couple : la question de la liberté, l’engagement, le mariage…
- Les attentes affectives et sexuelles et leur priorité respective qui met en évidence la place de la tendresse et de la pulsion.
- Les attentes au niveau des comportements et activités purement sexuels pour soi-même et pour le couple.

A titre d’exemple, et pour ce qui concerne le lien entre les attentes positives et les réactions sexuelles, l’étude de Wilson (1978) confirme leur rôle déterminant. Dans cette étude, on a pu constater que des hommes à qui on avait fait croire qu’ils avaient consommé de l’alcool montraient une plus grande réactivité sexuelle à des stimuli que ceux croyant avoir bu du soda non alcoolisé. Ainsi les attentes de ces hommes manipulés artificiellement ont pu influencer l’activation sexuelle soit par la croyance que l’absorption d’alcool a un effet désinhibiteur en réduisant l’anxiété, soit que l’intensité de l’attente facilite la perception sensorielle.

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Sensorialité et sexualité en devenant père. Revue Sexualités Humaines 10. Geneviève WROBEL

Par Geneviève Wrobel
L’expérience de la psychologue clinicienne et psychanalyste spécialisée en maternité, et au travers des « groupes de paroles », nous permet d’entrer dans le monde des pères…
 
sensorialite sexualiteIntroduction
Pendant des siècles les jeux étaient faits d’avance. « L’ordre sexuel (…) et l’ordre patriarcal façonnaient les collectivités et les individus dans leurs doctrines et leurs pensées » (1) et réservaient à la femme passivité et sensorialité dont la société masculine devait surtout libérer l’enfant. A l’homme étaient dévolues l’activité et l’ouverture au monde de la spiritualité. Les progrès scientifiques et médicaux ont modifié les représentations du corps souffrant, du corps en vie et du corps mort, de la sexualité par la disjonction entre sexualité de reproduction et sexualité de récréation. Les découvertes de Freud sur l’inconscient et la sexualité infantile, bouleversant les notions d’activité et passivité, d’un au-delà du sexe biologique et de l’intrication vie et mort par le jeu des pulsions, ont largement contribué au changement du rapport de l’individu à son corps.
Les portes des lieux de naissance se sont ouvertes aux futurs pères d’abord, aux psychanalystes ensuite. Les uns furent invités à accompagner leur conjointe aux consultations, aux échographies et pendant l’accouchement. Les autres ont commencé à écouter ce qui agitait les premiers. Des phénomènes complexes d’origine socioculturelle ont poussé les pères, de plus en plus nombreux, à participer-assister au « déroulement des opérations », selon leur expression, qui entourent la naissance. Mes propres interrogations sur leur présence assidue -parfois omniprésence - se sont conjuguées à leur demande d’une « préparation à accompagner » pour aboutir à la création d’un groupe de pères. En effet, ils évoquaient leur difficulté à parler à leurs proches ou amis de leurs émois, de leurs craintes, de leurs angoisses, de leurs fantasmes. Tabou disaient certains, honte ou pudeur formulaient d’autres, ils se sentaient assignés au silence jusqu’à la création d’un espace de parole désigné comme tel. Le choix de ces mots « tabou, honte ou pudeur » ne renvoie-t-il pas à la sexualité et à l’indicible des fantasmes arrimés à un corps pris à parti quand le réel du corps de la femme s’impose à leur regard dans le temps de la grossesse et de l’accouchement ?
 
1 - Le temps de l’attente
« Voué aux caresses de surface, il se contente d’écouter attentivement les nouvelles des profondeurs. »(2)
Entre sentir et ressentir
Le discours des pères laisse entendre un projet de maîtrise des événements alors qu’ils évoquent ce qui, dès l’origine, leur échappe. Ils se vivent parfois comme absentés de la conception de l’enfant car il leur manque le savoir qu’ils ont fabriqué un enfant. Vient l’annonce de la grossesse. Le flou demeure sur l’union décisive, même quand l’échographie semble leur offrir, a posteriori, une date exacte. La majorité des pères parle de la grossesse comme d’un événement privilégié pour la femme, sans se sentir exclus pour autant. Mais la suite de leur discours vient démentir cette affirmation, quand ils font de leur présence à l’accouchement, la continuité de l’acte procréateur.
L’idée de sortir le temps de la grossesse des « parenthèses » qui les laissent sur la touche, contribue à leur présence assidue aux consultations prénatales et aux échographies. Ils se demandent quel est l’effet produit par les mouvements du fœtus, et souvent ils aimeraient les ressentir. A défaut de sentir l’enfant bouger en eux, ils construisent des scénarii, pour certains via l’haptonomie, au cœur desquels l’enfant bouge et répond à leur voix, leurs appels, la chaleur de leurs mains. Ils s’imaginent, plus tard, le porter en kangourou pour ressentir quelque chose de similaire. Pour sortir de cette exclusion, ils accompagnent le suivi de la femme, et surtout investissent le champ de la sensorialité. Ils disent communiquer avec l’enfant, à leur manière, ils lui parlent, ils le calment, ils le font bouger… et l’enfant leur répond. Tout en parlant, ils forment avec leurs mains un creux qui évoque le creux maternel. Ils font entendre leur voix à l’enfant, ils l’appellent, ils le font venir à eux.
« Je l’appelle, je parle avec lui. Comme d’habitude il bouge. Parfois même je dis son prénom. Il change beaucoup de position, il bouge beaucoup et fait mal à sa maman. J’essaie de le caresser, de lui dire qu’il se calme et qu’il dorme. Après, je vérifie et je sens qu’il dort vraiment, voilà ! Je sens qu’il y a un lien entre lui et moi. Aussi, quand on allume la radio ou la télévision trop fort, il réagit au bruit. Il n’aime pas le bruit. Parfois j’ai les mains froides, si je les pose sur le ventre de ma compagne, alors il réagit d’un seul coup, il ressent la fraîcheur. Je sais qu’il ressent ! »
 
Masculin / féminin
« Le père, ce n’est pas le père romain d’autrefois. Toute paternité était volontaire ; on était père si on le voulait, toute paternité était adoptive. C’est fini ; on reçoit cette place vide de la parole d’une femme. (…) On l’occupe à sa manière. » (3)
Aujourd’hui l’homme occupe une place très différente de celle du passé. Son investissement pendant la grossesse et le partage dans les soins au nourrisson suscitent une sensorialité très précoce entre lui et l’enfant. Mais les hommes ne s’y trompent pas et, pour la plupart, ne revendiquent rien de similaire à la sensorialité mère-enfant. Ils savent que la gestation, l’accouchement et l’allaitement sont spécifiques à la femme et qu’ils ne l’expérimenteront jamais. Le même acte pratiqué par la femme ou par l’homme - donner un biberon, le changer, le bercer - est nommé maternage par l’une, paternage par l’autre. Interprétations maternelles et paternelles se confondent rarement. L’homme dit volontiers que son regard porté sur le nourrisson fait rire celui-ci, que ses mains le calment, le rassure, que sa voix le ravit. La femme dit plus facilement que l’enfant anticipe, en reconnaissant ses gestes, le moment de la tétée, qu’il lui sourit, qu’il s’agrippe et se blottit contre elle, qu’il reconnaît son odeur et sa voix.
« Quelqu’un entre nous »
Pendant la grossesse, l’homme rencontre une limite, celle qui ramène à la frontière entre intérieur et extérieur. Tout geste intrusif est banni et la sexualité éveille parfois les craintes. L’homme peut avoir peur d’atteindre l’enfant avec son pénis ou il aimerait que le médecin lui explique si l’intérieur du corps de la femme est bien cloisonné. Les fantasmes destructeurs œdipiens émergent et nous ramènent à la joute père-fils ou à l’abîme sans fond du corps maternel.
La relation duelle se modifie au sein du couple. La configuration la plus fréquente présente un rapproché attentionné de la part de l’homme et un éloignement sexuel. Sa manière de protéger mère et fœtus évoque l’expression de tendances maternelles, mais toujours empreintes de virilité. Alors que l’activité sexuelle du couple est soutenue par le potentiel de reproduction, la sexualité se trouve vécue tout autrement quand l’enfant s’annonce. La réalisation de l’acte sexuel peut devenir transgression « en présence de l’enfant ». Un homme écoute les autres parler des changements survenus depuis le début de la grossesse, au sein du couple. Il prend la parole ainsi : « Ma libido décline depuis le début de la grossesse. C’est comme s’il y avait quelqu’un entre nous, impossible d’oublier ce ventre. »
Comment ne pas penser alors au retour de l’infantile et à l’exclusion de la scène primitive ? L’enfant qu’il était ne peut voir. De plus, son désir désintriqué des composantes reproductrices l’autorise-t-il à la jouissance « pour rien » ?
Evoquons maintenant l’illusoire complétude de la femme enceinte. Fantasme au féminin ou au masculin ? La façon dont les futurs pères parlent du changement de leur conjointe pendant la grossesse demeure frappante : elle change physiquement, elle change aussi de comportement, elle est plus fatigable ou plus active, plus tendre ou plus irritable, moins nerveuse ou moins patiente… Bref, ils en parlent presque tous avec passion. Une aura particulière enveloppe celle qui vit une expérience aussi insaisissable pour eux ; image évocatrice s’il en est : ils n’osent « la rejoindre dans sa bulle ». Pour quelques-uns seulement, un sentiment proche de l’aversion transparaît, le plus souvent liée au ventre arrondi, comme si la femme s’était éclipsée derrière cet organe monstrueux. « J’aime les femmes rondes, mais là c’est différent. Seul le ventre est proéminent, c’est intrusif ! »
 
Ne pas ça voir
Le regard de l’homme est sollicité tout au long de la grossesse du fait des métamorphoses du corps de la femme. Il peut se sentir contraint à voir le ventre rond, excité de voir le contenu du ventre maternel à l’échographie, désireux de voir l’enfant naître, émerveillé de voir l’enfant sur le ventre de sa mère, parfois sidéré par le premier regard de l’enfant accroché à celui de sa mère, voire horrifié par la vision de l’enfant au sein. Certains témoignent du conflit interne par l’érection d’un écran. Pendant la grossesse, ils disent leur préférence pour les drapés d’étoffes fluides cachant les rondeurs indiscrètes. Ceux qui aiment les jeux vidéo soulignent l’accroissement du temps qu’ils passent devant leur écran. Il est possible de penser que l’engouement pour le jeu vient témoigner d’une activité solitaire en place de la sexualité du couple. Mais la dimension virtuelle du jeu, l’interposition de l’écran entre les personnages et eux-mêmes, et le fait qu’ils se trouvent simultanément dans et hors l’écran, un peu comme les spectateurs de leurs propres rêves, représentent probablement un moyen de se détourner de la réalité.
 


 
2 - Le temps de la naissance
« Il y a la secrète déchirure, la solitude singulière de celui qui va être père d’un instant à l’autre mais dont le souci ne parvient à s’accrocher à aucun de ces détails de l’apparence concrète qui rendent si précieux les êtres aimés. Le père voudrait voir vraiment quelqu’un, et ne pas tâtonner ainsi dans l’indécis. » (4)

Lsexualite du peree sexe du rêve
Certains hommes parlent clairement du conflit qui les agite face à l’obligation qu’ils ressentent d’être présents à l’accouchement. « Il faut » est l’expression qui revient le plus souvent : il faut assister à l’accouchement, il faut voir naître l’enfant qu’on a fait à deux, il faut voir ses premiers moments de vie. A l’inverse, d’aucuns expriment ne pas vouloir« voir le sexe s’ouvrir pour laisser passer l’enfant », car ils ont peur de« ne plus la désirer ensuite ». Ils ne regarderont pas et se tiendront à la tête de leur compagne. « Voir en face, pour deux, il n’y a probablement rien de plus violent. »
 L’un d’eux raconte qu’il ne voulait pas assister à l’accouchement. Il craignait pour sa sexualité. Il s’imaginait voir le sexe déformé de sa compagne. Il avait peur de garder cette image en tête. La nuit qui suivit une échographie à laquelle il « assistait », il fit un rêve : il « assistait » à la naissance de son enfant (enfant dont le couple n’avait pas souhaité connaître le sexe). Tout se passait « merveilleusement bien ». Au réveil, il « savait » qu’il serait présent en salle de naissance. Quelques jours plus tard, il raconte son rêve aux autres pères et leur dit que depuis ce rêve, il a la certitude qu’il peut assister à l’accouchement. Soudain, il s’aperçoit qu’il a oublié le sexe de l’enfant du rêve qu’il avait pourtant vu. Il n’en dit rien de plus. Au groupe suivant, il reparle de son rêve. Il ajoute qu’entre-temps, sa mère à qui il avait raconté son rêve, lui a rappelé que c’était d’une fille dont il avait parlé.
Qu’il puisse ainsi effacer la vision du sexe… de la femme, lui donne l’assurance qu’il peut assister à l’accouchement. Quand sa mère entre en scène pour lui rappeler ce qu’elle n’a pas oublié, c’est à la fois la lignée féminine qui fait irruption et l’idée que lui aussi est sorti du ventre d’une mère. Avait-il oublié le sexe qu’il avait vu en rêve ou voulait-il oublier ce savoir qu’il était né d’une femme ? Quant à l’échographie, elle avait donné corps à l’enfant. Lui avait-elle permis de briser l’identité épouse-mère qui le confrontait à une représentation incestueuse pour aller vers l’identité femme-fille qu’il pouvait médiatiser ?
Alors qu’il souhaitait assister à l’accouchement de son épouse, un homme s’inquiétait de ne pouvoir supporter la vue du sang. Il se représentait l’expulsion du placenta comme quelque chose d’insupportable. Les autres lui avaient signifié qu’il pouvait s’autoriser soit à sortir, soit à ne pas regarder, mais il lui semblait impossible d’éviter cette vision. Il « ne verrait pas venir le moment fatidique », donc il « verrait à son corps défendant ». Après la naissance de son enfant, il raconta comment l’installation du drap (champ opératoire) l’avait rassuré. Son regard ne s’était pas trouvé piégé de manière inattendue. Observer la scène aurait nécessité qu’il contourne ce champ. Il ne l’a pas fait.
 
La fonction des écrans
Ils peuvent assister à l’accouchement de leur compagne, cachés derrière la caméra ou l’appareil photographique. Ils se coupent ainsi de la scène. L’un d’eux utilise une caméra acquise pour la circonstance, et filme la naissance de son enfant. Lors d’une réunion, il évoque le prétexte du souvenir fabriqué hic et nunc. La suite de son discours laisse deviner l’effet protecteur de la caméra. L’instrument lui permet de sortir de la passivité et de se sentir à distance de l’événement. En montrant le film à ses proches, il répétera la situation. Alors en position de témoin actif, il proposera à celui qui regardera son film, d’occuper celle de spectateur passif. Lors de la même réunion, une jeune femme émet l’idée qu’un objectif figé devant le visage de son conjoint prend pour elle le sens d’un œil indiscret. Elle préfère l’écran invisible et naturel que représente la limite entre deux places possibles : celle de l’homme qui accompagne, le regard tourné vers le visage de sa compagne, et celle de l’homme qui regarde l’enfant sortir du sexe de la femme.
Les devenants pères sont fréquemment fascinés par le tracé du monitoring salvateur, qui rompt l’interminable du temps et désamorce leur angoisse. De même que les machines vectorisent les anxiétés, elles se font parfois le support du désir insatiable d’en savoir toujours plus. Certains cependant parlent de surtechnicisation. Au-delà de la réalité du déploiement parfois excessif des techniques, s’expriment simultanément leur désappointement d’enfant à l’égard des questions demeurées sans réponse et le débordement pulsionnel qui les guette. « On fait des actes et on n’explique rien, ça sonne de partout, on est inquiet. On guette le visage de la sage-femme pour lire s’il se passe quelque chose de grave. La technique a ses avantages, mais elle peut donner un caractère violent à la naissance quand tout pourrait se dérouler naturellement. »
 
« Un monde qui s’arrête »
D’autres futurs pères écartent d’emblée l’idée d’une crainte pour leur sexualité future ou de la violence inhérente à la vision de l’accouchement. Leurs arguments tiennent au naturel de la situation qu’il n’y a pas lieu d’ignorer ou au caractère désexualisé que l’événement naissance confère au corps de la femme.
Un père exprime ainsi le moment de la naissance : « C’est un moment impressionnant, de voir sa petite touffe de cheveux sortir, impressionnant, saisissant ! Juste avant la sortie de la petite, il y eut peut-être trois à cinq secondes de vide, le monde s’était arrêté. Ensuite, le médecin l’a posée sur le ventre de ma femme et ça m’a complètement retourné ! Je n’avais pas pensé mais tout était trop beau ! » Le saisissement, le vide, le monde qui s’arrête et le trop beau évoquent pourtant la question de la castration. Le retour du refoulé semble inaccessible au conscient au moment de l’acte médical pratiqué sous le regard des pères.
Ils disent parfois se concentrer sur l’apparition de l’enfant, comme s’ils effaçaient le lieu d’où sort cet enfant. Lorsqu’ils témoignent après la naissance, ils sont effectivement nombreux à formuler le clivage effectué entre la vision du sexe de la femme et celle de l’enfant qui apparaît, comme s’ils s’aveuglaient pour voir quand même. Mais se sont-ils absentés du lieu féminin ou se sont-ils convaincus qu’ils avaient jeté le voile sur une partie de la scène ? En effet, dans un mouvement paradoxal, les mêmes s’identifient à la femme en train d’accoucher, jusqu’à en ressentir des troubles corporels.
Il attend son deuxième enfant et il a assisté à la naissance du premier qu’il nous raconte ainsi : au moment de l’expulsion, il fut assigné à rester à distance. « On ne peut pas s’occuper des pères qui s’évanouissent. » Il n’a pas transgressé l’injonction. Des crampes abdominales l’ont alors terrassé. Centré sur son corps tétanisé, il s’est absenté de la scène dont il ne se souvient plus. Quand lui sont parvenus les cris du bébé, il s’est aperçu de l’agitation qui régnait autour de lui. Tout semblait se remettre en mouvement. Son regard s’est posé sur la mère et l’enfant et, rassuré, il est sorti précipitamment.
 
Avoir ou faire un enfant
Quand survient un incident ou un accident obstétrical, le corps de la femme risque de se métamorphoser en une chose étrange et aveuglante au point, parfois, d’envahir l’homme jusque dans son propre corps. Cependant, malgré les fantasmes qui enrobent la scène de l’accouchement, il est impossible d’en rester à l’horreur produite par la vision du sexe féminin. En effet, la réticence des hommes à assister à l’accouchement de leur conjointe laisse entendre d’autres craintes. Ils peuvent nous faire part de leur peur de rencontrer un fœtus ou un enfant, lors des rapports sexuels après une naissance. Conjugué à la crainte de rétorsion de la part de cet enfant, ce fantasme évoque le retour de l’infantile avec le pénis du père et l’angoisse de castration. De plus, la femme détient une forme de puissance. Allié à la femme, l’homme a le pouvoir de procréer. La femme a seule le pouvoir de dispenser le vie. Sans la femme, l’homme n’a pas d’enfant, sans l’homme, la femme ne fait pas d’enfant. Parfois, au bout du parcours, ce n’est pas la vie mais la mort qui se profile. La catastrophe n’a rien d’une défaite, pourtant la vie se dé-fait. C’est ainsi que suite à certaines situations traumatiques, survient la duplication de l’accouchement suivant. A celui de la femme se conjugue, souvent en un même lieu et en un même temps, « l’accouchement » de l’homme (incision d’abcès, extraction de calcul…). 
 
3 - L’enfant au sein
« Je veux vous dire que je ne connais rien de plus beau que cette image de la mère et de l’enfant, cette image où les deux sont perdus l’un dans l’autre. C’est la plus belle scène au monde. » (5)
Le premier échange
Auparavant le père assistait rarement au premier échange de regards entre mère et nouveau-né. Certains jeunes pères parlent de la fascination éprouvée quand ils y furent confrontés. Avec délicatesse, la plupart préservent cet instant d’intimité des deux acteurs, instant ressenti par le père comme la continuité de la fusion corporelle, à peine « entamée ». La première parole exprimée avec hésitation par les pères semble rompre la magie du moment, mais le désir de participer à l’échange est le plus fort. Puis, sollicités par la sage-femme pour donner le premier bain, ils retrouvent l’usage de leur corps et vont enfin pouvoir s’approprier le nouveau-né. Ils souhaitent profiter de ce moment fugace et privilégié, « entre-deux », où le nouveau-né n’est pas encore nettoyé, pas encore habillé, « comme dans le ventre de sa mère ». Bernard Fonty remarque que les pères manifestent le sentiment de « créer les premiers liens » avec leur enfant. Ils accompagnent leurs gestes maladroits de paroles qui consistent à projeter l’enfant vers le futur : « Son regard brille d’intelligence… Ce sera certainement un intellectuel ! » (6)
Une fois habillé, il devient un bébé, « il est déjà dans l’autre monde », d’ailleurs il est temps de prévenir la famille. Ce temps entre-deux, entre le ventre de la mère et l’autre monde, un père le nomme le « no man’s land ».
 
Un monde presque parfait
« L’amour de la mère pour le nourrisson qu’elle allaite (…) est de la nature d’un rapport amoureux pleinement satisfaisant (…) Le père sent que l’enfant, particulièrement le jeune fils, est devenu son rival. » (7)
Que la première tétée ait lieu avant ou après le bain donné par le père, c’est à nouveau un moment d’intimité entre la mère et l’enfant. Le père se sent très fier d’un enfant déjà capable de donner autant de la voix, de fixer le regard de sa mère, de téter à peine sorti de son ventre… Il trouve la scène merveilleuse, ce mot revient et traduit l’ambivalence dont l’homme est saisi. Il n’est pas rare qu’il témoigne de son sentiment d’exclusion, lors des moments où son regard embrasse mère et enfant dans un tel état d’abandon l’un à l’autre. Interdit, il reste parfois à l’écart et silencieux. Que ravivent de telles images ?
Quand je me représente la scène qu’ils décrivent, c’est aussi Joseph, l’enfant dans le grenier (8) que j’entends : « … Cette image où les deux sont perdus l’un dans l’autre. C’est la plus belle scène au monde… » L’analyste auquel l’auteur devenu adulte s’adresse a entendu la nostalgie attachée à ces paroles. Et plus loin dans l’écriture de son ouvrage, advient l’enfant dans l’adulte. Désespoir et violence ont retrouvé droit de cité. « Il se produit aussitôt une déchirure radicale chez l’enfant laissé pour compte (…) il réalise soudain qu’il n’existe plus pour elle. Incapable de tolérer cette perte, seul le retour à l’état antérieur pourrait le calmer ; se souder à sa mère, se fusionner avec elle (…) Il voit que tout son désir (à elle) se déverse dans le corps du nouveau venu. Alors le cri est lancé (…) c’est le cri de l’assassin. »
Lorsque Roland Gori définit les deux conceptions de la haine (9) qui émerge dans l’œuvre freudienne, il reprend les mots de saint Augustin cité par Lacan : « Il ne parlait pas encore, et déjà il contemplait, tout pâle et d’un regard empoisonné, son frère de lait. » L’idée de l’empoisonnement revient fréquemment dans les textes de Freud (10), et notamment quand il évoque le sevrage de l’enfant et la naissance d’un puîné.
 


 
Le féminin dans l’homme
La question de la préférence accordée actuellement par la majorité des femmes à l’allaitement maternel, permet parfois à l’homme d’exprimer son ambivalence, voire la frustration qu’il peut sensorialiteressentir. S’il accepte le choix de sa conjointe, en s’identifiant au nourrisson qu’il imagine ravi de ce contact privilégié avec la mère, il déplore de ne pouvoir lui aussi partager ce moment d’intimité avec l’enfant. « Allaiter » son enfant, que ce soit par l’intermédiaire du biberon, n’est-il pas, de surcroît, un moyen pour l’homme de métaboliser la haine ressurgie d’un passé révolu ? Un homme raconte le plaisir qu’il prend à donner le biberon depuis que son épouse a arrêté l’allaitement. Il ajoute qu’avant la naissance de son enfant, l’envie qu’il ressentait de devenir une femme le temps d’une grossesse et le plaisir qu’il anticipait à « materner » son enfant lui apparaissaient presque déplacés, comme s’il renonçait à une part de sa virilité. Il s’est permis d’en parler, pendant nos réunions, parce qu’il sentait que d’autres pères partageaient les mêmes pensées. Mais il n’a jamais osé à en parler à l’extérieur. Maintenant qu’il donne régulièrement les soins à son enfant, il dit reconnaître une différence entre les postures, les gestes, les regards et les paroles de son épouse et les siens, entre la façon dont l’enfant réagit à l’un ou à l’autre. En somme, il « paterne » même si cette fonction convoque la part féminine en lui.
 
Conclusion
Depuis plus d’un siècle, les représentations quelque peu figées du couple parental sont bouleversées. L’une des représentations du partage de l’activité et de la passivité était la suivante : la femme, au sein du foyer, était travaillée au corps par les menstruations et par les maternités dont naissaient les enfants. Le corps de l’homme travaillait, dans la cité, pour subvenir aux besoins du corps des premiers. Les représentations attachées à la sexualité ne pouvaient se forger que sur ce modèle social. Aujourd’hui, la « paire contrastée » s’agence différemment, ce qui ne veut pas dire que la différence des sexes et des fonctions symboliques de chacun en soit obligatoirement altérée. Aux yeux de la société, le monde des sens n’est plus réservé à la femme seule. L’homme peut s’autoriser à exprimer et transmettre sa propre sensorialité. Quant à l’accès de l’enfant au monde du sens, la part de la femme y est reconnue.
Notons enfin qu’il est fort probable que la présence de l’homme en maternité, avant et pendant l’accouchement, son investissement aussi envers sa conjointe durant cette période, modifient les processus psychiques du devenant père : fantasmatique singulière, identifications variées, abaissement des défenses...
                                                              
Geneviève Wrobel - Paris
                                                     
Psychologue clinicienne – Psychanalyste

                          
Enseignante dans le DIU de Sexologie Paris 13 Bobigny

 
Bibliographie
(1) Jacqueline Rousseau-Dujardin, « Distribution des rôles », in « Le Père, Le bloc-notes de la psychanalyse » n° 13, Genève, éd. Georg, 1995.
(2) Pierre Péju, « Naissances », p. 38, Paris, Folio Gallimard, 1998.
(3) Philippe Julien, « Repérer la fonction paternelle » in « Devenir père, devenir mère. Naissance et parentalité », p. 128,Ramonville-Saint-Agne, Erès, 1999.
(4) Pierre Péju, ibid., p. 104.
(5) Julien Bigras, « L’Enfant dans le grenier. Le récit comme thérapeutique des terreurs infantiles précoces », p. 111, Saint-Amand-Montrond, Aubier-Montaigne, 1987.
(6) Bernard Fonty avec Jacques Huguenin, « Les Pères n’ont rien à faire dans la maternité », p. 199, Paris, Générales First, 2003.
(7) Sigmund Freud, « Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci », Gallimard.
(8) Julien Bigras, ibid., p. 173.
(9) Roland Gori, « Le Réalisme de la haine », p. 231, in « Inconscient et destin, Logos et Ananké », n° 2/3, Publication d’Espace analytique, Paris, 2000.
(10) Sigmund Freud, « De la sexualité féminine » (1931), in « Œuvres complètes XIX », Paris, PUF, 1995.

 

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MIGNOT Joelle Psychologue Sexologue Clinicienne

Psychologue spécialisée en sexologie clinique et en hypnose thérapeutique.

Également responsable d'enseignement du diplôme inter-universitaire (D.I.U.) de sexologie à la Faculté de Médecine de Paris 13 - Bobigny.

Auteur de : "Parole de divan", Éditions de l'Harmattan,
"Carnet de recettes pour deux d'une femme amoureuse" Editions MANGO 2006,
Rédactrice en chef de la revue Sexualités Humaines,
"Empreinte, sexualité et création"
Éditions de l'Harmattan,
Chroniqueuse dans la revue "Hypnose et Thérapie brève".



En savoir plus concernant Joelle Mignot

Rédactrice de Hypnosexo


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Titre de Psychologue DIU de Sexologie et Santé Publique

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