Redécouvrir l'intimité érotique dans son couple.

Le couple en toute intimité

Par Brigitte LAHAIE - Animatrice sur RMC

Revue Sexualités Humaines n°21

La sexualité humaine est assez peu comprise. J’ai surtout constaté, en écoutant les confidences des auditeurs au fil du temps, que la majeure partie d’entre eux confondaient sexe, amour, tendresse, intimité et sexualité. D’ailleurs, ils ne s’intéressent au fonctionnement de leurs organes génitaux que lorsqu’ils rencontrent des difficultés, plus particulièrement les hommes.

La femme, quant à elle, aura tendance à subir. Tant mieux si la jouissance est au rendez-vous puisqu’elle aura envie de faire l’amour régulièrement. Sinon, elle tentera rapidement de trouver de bonnes raisons d’éviter les rapports. La sexualité et surtout l’intimité sont nécessaires au bien-être individuel mais pratiquement indispensable au bien-être du couple. Faire l’amour aplanit les conflits si fréquents dans une vie à deux et renforce le lien.Bien sûr, certaines personnes préféreront privilégier l’amour platonique, les relations amicales, et bien sûr la tendresse avec leurs enfants. Mais cette absence de sexe les handicape dans leur évolution personnelle et dans leur construction identitaire. Ce manque d’évolution personnelle provoque une animosité plus ou moins marquée envers
l’autre. Comme si, il ou elle était responsable des inhibitions qui entravent leur construction intime. En fait, l’identité masculine ou féminine passe par le sexe. Sans cette expérience sexuelle que j’ose appeler initiatrice, nous aurons tendance à régler nos comptes vis-à-vis de l’autre genre qui continue à nous faire peur.

LA SEXUALITÉ SACRÉE

Il n’y a pas dix mille solutions pour maintenir une bonne entente sexuelle entre deux êtres au fil des ans. Rares sont les individus qui savent continuerà éprouver du désir pour leur partenaire naturellement. Pour moi, il y a trois grands axes :
• le jeu et la fantaisie qui conduisent vers une sexualité ludique ;
• la fantasmatique, univers particulièrement vaste mais pas toujours facile à faire coïncider avec celle de son partenaire. De toute façon, tout le monde n’y a pas accès ;
• la sexualité sacrée.

J’ai choisi de m’attarder sur cette troisième solution parce qu’elle me semble la plus intéressante. D’abord parce qu’elle est trop peu évoquée en sexologie et trop souvent associée au Tantra, ce qui, nous allons le voir, n’a justement rien à voir. La sexualité sacrée non seulement améliore les relations intimes, mais permet aussi une évolution personnelle qui rend la vie plus sereine. Je fais une réelle distinction entre sexualité sacrée et Tantra, je ne suis pas fan de cette appellation trop souvent mal utilisée en Occident. D’ailleurs, dans son pays d’origine le Tantra n’est pas spécifiquement sexuel. C’est plutôt une philosophie spirituelle qui a pour but d’élever notre conscience. La sexualité sacrée n’est pas une démarche ésotérique réservée à quelques initiés.

C’est une sexualité entre humains qui profitent de leurs échanges pour s’améliorer dans leur construction psychique. Ce qui me fait dire que le couple est un excellent chemin spirituel ! Contrairement au sexe qui n’engage, si je puis dire, que nos organes sexuels, la sexualité engage également notre affect. C’est toute la différence entre la pornographie qui ne montre que deux
sexes qui se rencontrent, et tout autreoeuvre qui utilise la dimension psychique des antagonistes qui font l’amour. Mais dans la sexualité sacrée, il y a ce petit plus qui nous échappe : la sexualité sacrée permet de réunir l’être dans sa globalité.

Lorsque les organes génitaux se rencontrent, les autres centres énergétiques des partenaires se mettent plus ou moins au diapason. Si vous mettez un homme et une femme allongés l’un sur l’autre, les deux sexes à peu près au même niveau, vous aurez ensuite les coeurs au diapason mais également les plexus solaires, la gorge, etc.

Ces zones, véritables centres énergétiques (appelés chakras), sont situées tout le long de notre colonne vertébrale. Intéressons-nous tout particulièrement aux sept principaux, chacun vibrant plus ou moins. En examinant comment chaque centre fonctionne chez un individu, nous pourrons aisément voir quels sont ses atouts et quelles sont ses inhibitions sur le plan général mais qui forcément auront des répercussions sur le plan sexuel. Ensuite, il suffira de lui indiquer comment il peut renforcer ceux qui circulent bien et débloquer les autres.

Ainsi, en examinant attentivement chaque partenaire dans son fonctionnement, on peut, de manière presque rationnelle, expliquer pourquoi sa sexualité rencontre un dysfonctionnement. En fait, lorsque j’entends un auditeur, je tente très rapidement de comprendre où se situe le blocage. En règle générale, il ou elle va rapidementcritiquer la façon de faire l’amour de son ou sa partenaire. C’est bien connu, il est plus facile de remettre l’autre en cause que soi-même, tous les thérapeutes le savent bien. Mais la manière dont son partenaire va être critiqué est assez révélatrice de la problématique de la personne que j’ai au bout du fil. Il suffit d’entendre les plaintes, les critiques, la victimisation, la colère, toutes ses émotions ne proviennent pas du même centre.

En étudiant les centres énergétiques, nous pouvons accéder à cette lecture nouvelle et donner au patient des exercices adaptés afin qu’il libère son être. Car accéder à une sexualité harmonieuse, c’est d’abord se libérer de son carcan. Le corps, tout particulièrement dans notre monde occidental, est vécu de l’extérieur alors qu’il doit être vécu de l’intérieur. Ceux qui pratiquent le yoga, par exemple, le comprennent bien. Mais je peux vous donner un exemple très concret, l’éjaculateur précoce ne ressent pas, il est focalisé sur sa partenaire et réagit de manière mécanique. Dès qu’il prend conscience de ce qui se passe en lui, il parvient à des résultats intéressants.

LES CENTRES ÉNERGÉTIQUES

Le premier centre, situé au niveau du périnée, symbolise nos besoins primaires. Il nous relie à la terre. Surnommé « chakra racine ». Blocage : s’il n’est pas éveillé, l’individu ne peut pas se sentir en vie, il sera dans l’incapacité de se construire une identité. Il aura tendance à se perdre dansles autres et sa sexualité sera souvent instinctive. Nous sommes dans un plan,de conscience primaire. Il ne fait pas l’amour, il fait du sexe. Sa satisfaction est plus importante que son ou sa partenaire et d’ailleurs il y a souvent une agressivité assez forte. Au fond, n’importe quel partenaire peut lui convenir. Si le chakra racine n’est pas respecté par le partenaire, l’individu ne pourra pas se sentir en sécurité et n’aura pas la capacité d’assouvir ses besoins élémentaires.

Il sera toujours sur ses gardes et l’abandon nécessaire à une sexualité harmonieuse sera compliqué. L’auditeur qui est bloqué à ce niveau est souvent très revendicatif et critique de manière agressive son partenaire. La solution : lui faire prendre conscience qu’il a peur de vivre. Sans doute n’a-t-il pas été assez sécurisé durant son enfance. Il doit développer son émotionnel en repérant ses accès de colère ou de déprime qui sont toujours dus à une insécurité. Il doit apprendre à ne plus être d’un corps animal. Le sport est un bon moyen de canaliser cette énergie encore très brute.

Le couple : il doit veiller à satisfaire ses besoins de sécurité. Le manque d’argent par exemple est souvent néfaste pour ce niveau et provoque une absence de sexualité ou une sexualité avide sans réceptivité au désir du partenaire.

Le second plan est le centre sexuel par excellence mais il est aussi le centre de nos émotions. Il contient donc une énergie importante et il est évidemment essentiel dans la vie de couple. Ce centre se trouve dans le bas-ventre, au centre même de notre corps. Tracez une ligne entre l’anus et le nombril ; au milieu de cette ligne se trouve ce centre énergétique. S’il est vécu de manière encore immature, le partenaire recherchera la fusion et aura tendance à devenir dépendant de son partenaire. Cela peut entraîner des jalousies ou des instincts de possession. Bien vécu, la construction de l’identité sexuelle permet une assise et une force pulsionnelle positive.

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