Le sexe des garçons. Par Catherine LEBOULLENGER. Revue Sexualités Humaines 14 - Page 2



A travers ces questions, nous retrouvons différents champs de la sexualité humaine, biologique, psychologique et sociale. Cependant, les garçons adolescents considèrent leur sexe davantage « comme un outil de plaisir et de communication » que comme un « outil de reproduction ». Il convient donc de les rassurer d’abord sur leur sexe biologique et personne dans ce cas ne peut faire l’économie de planche anatomique. Il s’agit là de faire la part belle à la normalité et de séparer la réalité physique de l’autre réalité fantasmatique. Les garçons connaissent tous (les filles aussi) le joli nom des testicules « bijoux de famille ».

Quand on leur demande « pourquoi ce nom ? », ils ne savent que dire « parce que c’est précieux ». Et c’est à l’intervenant de rebondir « parce que c’est là que naissent les spermatozoïdes appelés, en rencontrant l’ovule, à fabriquer un embryon ». Evidemment, aucun film pornographique ne leur apporte cette réponse ; de ce fait, ils le savent sans le savoir. Des éléments leur sont donnés ensuite sur la taille du pénis à l’état flaccide et en érection, cette érection qui les inquiète surtout lorsqu’elle est réflexe et non, ils ne sont pas obsédés. Certains risquent « c’est pour ça que des fois, on refuse d’aller au tableau ».

Le sujet de l’homosexualité dont ils ont si peur, surtout lorsqu’ils imaginent un sujet passif, donne l’occasion de distinguer orientation sexuelle (genre envers lequel est ressenti de l’amour et du désir) et identité de genre (qui consiste à revendiquer une position de gay ou de lesbienne). Il convient ici de rassurer en affirmant que l’identité est un processus, une construction identitaire et pas seulement un état biologique.

Et en parallèle, leur faire comprendre que rien n’est irrémédiable à l’adolescence et que les amitiés fortes entre même sexe fait partie de leur développement. Enfin, tordre le cou à la représentation qu’un homosexuel est un pédophile, leur évoquer la garde du roi de Sparte, les Trois Cents de Léonidas, tous morts en héros au détroit des Thermopyles.
 

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