Cancer et sexualité: oser l’intimité. Christiane Vial

Durant la traversée de la maladie grave, les besoins physiologiques peuvent se modifier. Il y en a un que nous avons encore du mal à appréhender, c’est le besoin fondamental de relations sexuelles. Mais alors : « Quelle place donner à la sexualité ? » ; « Comment accompagner le patient dans sa sphère intime ? »… Sans nul doute, une foule de questions émerge, et le réel de la vie nous bouscule. Nous savons que l’accès à la restauration de la santé est un droit, mais de la santé sexuelle ?
 
Comme pour toute autre démarche de soin, il nous faut développer une compétence scientifique et relationnelle spécifique. Aujourd’hui encore, deux tabous en conflit cohabitent et nous troublent : Eros, le principe de vie, la sexualité, et Thanatos, le principe de mort, la maladie. Ils nous troublent parce qu’immédiatement les corps sont en jeu. Le toucher, le regard sont convoqués et le soignant se laisse affecter par l’érotique de son soin. Nous remercions le Dr. Christian Gallopin, chef de service à l’hôpital de Troyes, pour ses nourrissantes réflexions sur l’érotique du soin.
Répondre à cette question nécessite un cadre. La question de la santé sexuelle individuelle ou conjugale doit pouvoir être abordée avec les patients lors de rencontres d’écoute fondées sur un rapport de confiance. Aujourd’hui des infirmières d’annonce formées abordent avec bienveillance ces questions. Merci à Camille Labille-Som et Isabelle Blin, infirmières, de nous relater l’expérience menée à l’hôpital de Troyes. Les secteurs accueillant des enfants, des adolescents, spécialisés en oncologie, en maladies chroniques ou en soins palliatifs, sont confrontés aussi à l’éveil, aux questions des enfants, des adolescents et des parents sur la sexualité. Le Dr. Cicek Oya Sakiroglu va nous offrir sa réflexion sur l’intimité des ados.
 
Lors de formations continues réalisées par Albert Barbaro et moi-même, nous avons pu constater que les patients s’adressent aux soignants de proximité, infirmière, aide-soignante, agent de service. Une orientation vers le médecin, la psychologue, ou lors de staffs vers un sexologue doit pouvoir être possible. La réflexion sexologique menée au sein de collectifs de travail est essentielle. Elle a pour vocation d’accueillir la variété des demandes et leur offrir des réponses qui respectent le patient et lui proposent l’opportunité d’un mieux-être.
 
Christiane VIAL



Pour vous abonner à la Revue